Historique du village


LE SITE, LE VILLAGE

Situé à mi-pente, entre le fond de vallée et le plateau du Bénou, le village s’échelonne entre 650 et 750 m d’altitude, s’adaptant au relief et ruisseaux qui coulent du Bénou. Il domine un espace morcelé, constitué de nombreuses parcelles en terrasse, délimitées par des murets et réservées aux cultures vivrières jusqu’au milieu du XXe siècle.

Le village est regroupé autour de l’église et des deux abbayes laïques* situées dans le quartier de Lies. Il intègre également le quartier d’Arroust qui comprend l’une des deux « domengeadures » du village, la maison Courtade, ainsi que le quartier de Ourdos où est située la seconde maison noble, la maison Forsanducq.

Toutes les maisons du village ne sont pas égales en droit.  Cette inégalité entre les maisons dites « casalères »,  entités regroupant maisons et terres en un enclos, et les maisons dites « botoys » qui sont sujettes des maisons casalères, est rapportée dès 1306. Maîtresses du sol, les maisons casalères payent un fief au souverain.

Les fortes pentes et les précipitations élevées et irrégulières imposent une maîtrise de l’eau pour

sauvegarder les aménagements et les habitations. Bilhères est traversé par 5 ruisseaux avec 9 moulins (5 sont encore visibles) et 3 ensembles lavoir abreuvoirs. De nombreuses sources sont canalisées et alimentent plusieurs abreuvoirs publics et privés.

L’ensemble des territoires collectifs de Bilhères et de la commune voisine, Bielle, est indivis. Tous les produits et les charges relatifs à ces territoires se comptabilisent en fonction du nombre d’habitations =  7/12 pour Bielle, 5/12 pour Bilhères (censier de 1681).

Le territoire de moyenne montagne des deux communes comprend le plateau du Bénou et la vallée d’Aspeigt, délimités par les cols de Marie-Blanque et d’Aran, le Lazerque et les pics du Montagnon, du MailhMassibé et du Lauriolle.

Le plateau du Bénou, transition entre la montagne et la vallée, présente de vastes espaces ouverts de prairies, de pâturages, de fougeraies, de forêts (terres indivises) et un quartier de granges avec des parcelles privées encloses, prés de fauche : il s’agit d’un espace consacré aux élevages équins, bovins, caprins et ovins.

Plusieurs entités distinctes composent cet espace pastoral :

- Sur les plateaux (Hondas, Rolan, La Técouère), se trouvent des quartiers de granges constitués de parcelles privées entourées de haies, de murs de pierres sèches ou de clôtures en fil de fer et des zones de pâturages collectifs  

- Sur les parties hautes sont situés des pâturages en indivision avec plusieurs cuyalas (cabanes d’altitude) pour les bergers qui les utilisent en dehors des périodes d’estives.

*Abbaye laïque : ce terme désigne une institution ancienne qui fait référence à un système fiscal encore plus ancien: « la dîme ». Ceux que l’on appelle « abbés laïque » étaient en fait les collecteurs paroissiaux de cet impôt. Ils avaient la charge de l’entretien des églises et bénéficiaient de privilèges et de droits honorifiques.

Au fil des siècles, Trois sites - Arriu bèth, Houndas et Accaüs - marquent l’emprise des premiers habitants d’Ossau, installés dans le bassin d’Arudy, sur les espaces ouverts de la moyenne et haute montagne. Situés près des pistes pastorales ou des voies de transhumance, les cercles de pierres (cromlechs) du plateau du Bénou attestent de la présence de l’homme depuis 3 000 ans avant notre ère sur le territoire.

Au moyen-âge, le recensement de 1385, exécuté en Béarn sur l’ordre de Gaston Fébus, permet de se forger une image du village même s’il est incomplet : il dénombre à Bilhères 55 maisons auxquelles il faut ajouter 3 maisons et deux abbayes laïques.

 

CERCLE DE CROMLECHS AU BENOU

Les pentes raides, les conditions climatiques rendent le travail rude et difficile. Aussi, certains diversifient leurs activités et acquierent une spécificité en devenant hongreur (crestadou). Les hongreurs apportaient un revenu complémentaire très substantiel et leurs familles étaient parmi les plus aisées de la vallée. Ils castraient surtout les chevaux, les taureaux, les ânes mais également les autres animaux domestiques (porcs). En déplacement pendant parfois plusieurs années, ils exerçaient un métier à haut risque et éprouvant. Certains se sont établis en Espagne ou au Portugal, là où la demande était plus forte et rémunératrice. Les derniers crestadous bilhèrois ont exercé leur activité jusqu’en 1914.

L’ÉGLISE SAINT-JEAN BAPTISTE

L’église d’origine médiévale est restaurée et agrandie, à partir de 1863, par Gustave Lévy, architecte départemental, et un autre architecte, Cyrille Noguez avec les entrepreneurs Pierre Gaulet et Jean Courtois de Bielle. De style néo-gothique l’église Saint-Jean-Baptiste est composée d’une abside polygonale et d’une nef flanquée de bas cotés, à quatre travées avec voûtes en ogive et d’un clocher porche surmonté d’une flèche polygonale.

Le décor peint des voûtes a été exécuté, en 1867, par le peintre Paul Poublan alors que l’ensemble des verrières a été créé, en 1864, par Jules-Pierre Mauméjan, d’une grand famille de peintres-verriers.

Les chapelles latérales sont respectivement dédiées à saint Joseph, déclaré au XIX° siècle protecteur de la famille et patron de l’église universelle, et à la Vierge représentée avec ses parents saint Joachim et sainte Anne.

Un baldaquin de bois sculpté, polychrome et doré surmonte la table d’autel l’encadrant de volumineuses et élégantes colonnes torses ornées de pampres et d’oiseaux et à chapiteaux corinthiens. Il est couronné par une statue de saint Jean-Baptiste.

Le maitre-autel est composé d’un coffre de forme rectangulaire. Le devant d’autel est décoré de rinceaux encadrant un médaillon central en bas relief où figure le patron saint Jean-Baptiste. Sur la partie inférieure sont figurés les évangélistes et des​ corbeilles de fleurs.               

 

 

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